Rencontre avec une éducatrice spécialisée dans la pédagogie Montessori

Aujourd'hui j'ai le plaisir de vous partager l'interview réalisée auprès de Cynthia Guillet, enseignante et éducatrice Montessori. Elle nous partage son expérience dans le domaine de la parentalité bienveillante et son parcours plus personnel.

 

1) Pouvez-vous vous présenter ?


Je suis Cynthia, j’ai 35 ans et j’ai un garçon de 3 ans, prénommé Nathan.
Je suis professeur des écoles de métier et éducatrice Montessori sur mon temps libre. Je gère également une page professionnelle sur Instagram @Grainesdesourires sur laquelle je présente des idées d’activités, de jeux, de livres, de matériel ainsi que des bons plans et des découvertes.


Concernant mes études, après un bac scientifique, j’ai obtenu une licence pluridisciplinaire avec option sciences. J’ai ensuite été à l’IUFM pour préparer mon diplôme de professeur des écoles.
Et, très rapidement je me suis formée à la pédagogie Montessori en 3-6 ans et 6-9 ans.


Quelques années plus tard, j’ai passé mon CAP Assistant Educatif Petite Enfance et je me suis
formée à la pédagogie Montessori en 0-3 ans. Dernièrement, j’ai aussi obtenu une licence professionnelle responsable de structures enfance et petite enfance.


2) Vous êtes adepte des pédagogies actives. Pouvez-vous nous expliquer votre double casquette de professeur des écoles et éducatrice Montessori ? et comment vous organisez-vous au quotidien pour vous répartir ces deux travails ?

En fait je n’ai qu’une seule casquette car je mets en place au sein de ma classe la pédagogie Montessori mais pas que ! Je m’inspire de plusieurs pédagogies actives. Je mets aussi en place des ateliers sur mon temps libre, en fonction des demandes et de mes disponibilités car je ne souhaite pas non plus sacrifier ma vie de famille. Mon métier est une passion, certes, mais une
passion prenante. Cela demande de prendre du recul et de lâcher-prise pour se préserver et préserver sa famille ;

3) Qu'est-ce qui vous a amené à l'éducation bienveillante et quels sont les bénéfices que vous y voyez ?


Je suppose que c’est mon histoire, mes expériences, mes rencontres mais aussi mes échecs qui m’ont amenée à l’éducation bienveillante. Et, surtout la plus belle de mes rencontres : mon fils. Je pense être plus sur le chemin de la bienveillance depuis qu’il est là.

Ce fut un Bébé Aux Besoins Intenses (BABI), qui plus est RGO+++ et c'est à présent un enfant diagnostiqué hypersensible alors sans cette éducation bienveillante il serait malheureux et nous aussi.
Attention, je suis parfaitement imparfaite;) ! Je fais des erreurs quotidiennement et je ne suis pas toujours bienveillante. Mais je fais de mon mieux et c'est bien là l'essentiel vous ne trouvez pas ?

Pour proposer une éducation bienveillante, encore faut-il être bienveillant envers soi-même. Par contre, quand je m’éloigne de ma ligne de conduite, je m’en rends compte et je le dis à mon fils, à mes élèves, je m’excuse, je m’explique. C’est une vraie philosophie de vie qui enrichit les relations, renforce les liens, développe la confiance mutuelle, l’ordre intérieur.
Pour moi, pour pouvoir mettre en place une éducation bienveillante il faut agir sur son environnement et sur sa posture.


Par exemple, nous avons préparé notre environnement pour que notre enfant puisse se développer, découvrir et s’épanouir au gré de ses centres d’intérêts dans un cadre sécurisé et sécurisant. Nous ne lui avons pas demandé de s’adapter à notre vie d’adulte mais nous nous nous sommes mis à sa place.

Nous le laissons s’épanouir à son rythme, sans se référer à une
grille d’âges. Tout ceci est valable pour une classe.
Nous nous remettons aussi beaucoup en question, nous n’hésitons pas à parler de nos problèmes, à nous documenter sur différentes problématiques et nous essayons d’observer le plus possible. Nous faisons confiance à notre fils, je fais confiance à mes élèves.

Nous essayons des choses qui parfois fonctionnent et parfois non mais ce n’est ni leur faute, ni la nôtre. On grandit ensemble, on apprend à être parent/enseignant de tel enfant, telle classe.
C'est très difficile d'être parent, d'être enseignant de tant de personnalités différentes alors il ne faut pas être trop dur envers soi-même quand nous n'arrivons pas à être exactement comme nous le souhaiterions.

4) Avec votre compte Graines de sourires vous aimez transmettre vos connaissances : pouvez-vous nous parler de vos recherches et quels sont les thèmes en particulier qui vous intéressent ?


Tout est propice aux recherches : une discussion, une conférence, un livre, un post, une balade... Je m’intéresse à tellement de choses que le temps me manque terriblement pour approfondir chaque thème : les différentes pédagogies, les jeux éducatifs, la communication
non violente, l’approche snoezelen, le portage, la motricité libre, l’intelligence émotionnelle, les
neurosciences, l’observation, les atypismes, les livres bienveillants... La liste est encore longue et s’enrichit de jour en jour donc il est difficile pour moi d’être exhaustive.


5) Pensez-vous qu'on puisse aider les enfants par les mots, les encouragements et êtes-vous sensible au thème de la confiance en soi.?


Je vais être sincère avec vous : si je suis autant sensible à la confiance en soi c’est parce qu’elle fait défaut chez moi et m’empêche d’aller au bout de certains projets par peur du regard des autres, du jugement. J’en ai même fait mon mémoire professionnel de licence professionnelle !


Mais je travaille cela de plus en plus car j'ai conscience que je serais encore plus épanouie sans cette barrière. Je dois avouer que les réseaux sociaux sont un début de thérapie pour moi car je peux m’exprimer librement derrière mon écran et les retours positifs que je peux avoir, les marques de confiance que l’on me témoigne, me font énormément grandir.

Donc si les mots positifs et encourageants d’abonnés m’aident, vous pouvez imaginer l’impact des mots et encouragements sur les enfants ! Il faut leur dire qu’on croit en eux, qu’on leur fait confiance, qu’on les aime tels qu’ils sont, qu’ils peuvent être fiers d’eux, qu’ils sont capables, que faire des erreurs c’est avancer, qu'on est là pour les aider, les faire grandir...etc.

Les bases de la confiance en soi se construisent dès la petite enfance et c’est comme un diamant : il faut l’entretenir pour qu’il brille. Par contre, je fais très attention de ne pas tomber dans le jugement « c’est beau, c’est bien fait... » car les enfants doivent agir pour eux et non pas pour faire plaisir
à leurs parents, leurs enseignants...etc.

Donc souvent j'essaie plutôt de décrire ce que je vois et je demande à l'enfant s'il est satisfait de ce qu'il a fait. Leur motivation doit être intrinsèque.
Malheureusement nous vivons dans une société de compétition où l’évaluation et la comparaison sont omniprésentes... et comme il faut tout un village pour élever un enfant... ce que je fais peut être partiellement détruit par ailleurs.

Il faut donc beaucoup communiquer avec l'enfant pour rectifier tout de suite car même un petit mot qui peut nous paraître insignifiant à nous, adultes, peut prendre de grandes proportions chez l'enfant. Merci d'avoir porté attention à mon compte, à ma personne et de m'avoir consacré cet interview.

Vous pouvez retrouver Cynthia sur sa page https://www.instagram.com/grainesdesourires ou lui écrire à l'adresse suivante : grainesdesourires@gmail.com

Laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être affichés